La Fondation Abbé Pierre : un constat alarmant sur le logement dans le bassin minier

Le vendredi 26 avril, la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin accueillait la Fondation Abbé Pierre, venue apporter son éclairage sur l’État du Mal-Logement.

Le 24ème rapport annuel de la fondation Abbé Pierre sur l’État du Mal logement en France a été présenté à Lens au siége de la Communauté d’agglomération de Lens-Liévin. Et le constat est alarmant. « Nous estimons à 10 000 le nombre de SDF dans la Région Hauts-de-France », explique Stéphanie Lamarche-Palmier, directrice de l’agence régionale HDF.

Pour décrire le mal-logement ou les difficultés d’accès au logement, les points avancés par la Fondation  sont nombreux  : l’accès souvent trop couteux, le confort énergétique ou l’insalubrité, le positionnement  éloigné du logement loin des zones d’emploi ou de formation. Sur les territoires, les priorités diffèrent. Au cœur du bassin minier du Pas-de-Calais, la fondation Abbé Pierre fonde ses priorités sur les familles monoparentales, les expulsions (3000 assignations à quitter les lieux dans le Pas-de-Calais, 1500 sur la Bassin Minier du Pas-de-Calais) et les qualités des logements dans les parcs privés ou publics.

Le Département et l’agglomération Lens-Liévin s’engagent

Au cours de cette journée, la fondation a convié partenaires et institutions afin de revenir notamment sur plan « Logement d’abord » (Plan quinquennal du gouvernement appliqué l’an dernier) dans l’objectif de réduire le nombre d’habitants mal-logés (10% du parc privé serait fortement dégradés) et de SDF en traitant les dossiers plus rapidement. « Un Sans Domicile Fixe « vit dans la rue ou dans des hébergements provisoires. Nous ne souhaitons plus passer par ces hébergements et penser au logement d’abord, affirme la représentante de la fondation. Aujourd’hui, il est plus difficile de trouver un logement pour un SDF contrairement à quelqu’un déjà logé. Nous pouvons aussi ajouté que si l’on souhaite qu’il y ait moins de gens dans la rue, il faut travailler en amont et trouver des solutions avant expulsion ».

Le Pôle Métropolitain de l’Artois, regroupant les agglomérations de (Lens-Liévin, Hénin-Carvin et Béthune-Bruay Artois-Lys Romane) est concerné par ce plan « Logement d’abord ». Accompagné par le Département à hauteur de 250 000€ en 2018, c’est un million d’euros qui seront débloqués pour cette année 2019 sur les trois territoires. « Deux coordinateurs ont été recrutés sur Lens/Hénin et Béthune/Bruay dans le but d’être un relai plus rapide lorsqu’on est face à une situation complexe », annonce Jean-Marc Tellier, vice-président chargé de l’habitat au département du Pas-de-Calais.

« La situation du mal logement dans notre pays a une résonance particulière sur notre territoire. Bien-sûr c’est mettre le doigt où ça fait mal, il y a du travail, explique François Lemaire, vice-président en charge de l’habitat à la CALL. Mais sur notre territoire, il y a des dispositifs qui existent, des expérimentations en cours.L’objectif de la CALL est d’améliorer les logements qui sont parfois des passoires énergétiques ou ne sont plus adaptés. Nous nous impliquons notamment grâce à nos politiques d’accompagnement de la rénovation du parc privé dans le cadre de la délégation du crédit de l’Agence Nationale de l’Amélioration de l’Habitat, avec le permis de louer (cf. obligation qui incombe aux bailleurs souhaitant mettre un bien en location) que nous souhaitons mettre en place d’ici 2020 et puis le dispositif ERBM sur le parc social public financé par la CALL à hauteur de 3 millions d’euros  »

De G. à D. / Stéphanie Lamarche-Palmier, directrice de l’agence régionale Fondation Abbé Pierre HDF, Jean-Marc Tellier, vice-président au conseil départemental du Pas-de-Calais en charge de l’habitat et François Lemaire, vice-président à la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin en charge de l’habitat, présente un constat alarmant de l’état du mal-logement sur la Bassin Minier.