ERBM : les collectivités interpellent l’Etat

« Si les collectivités territoriales sont à ce jour prêtes à lancer les opérations, elles attendent par ailleurs des précisions du Gouvernement quant à sa contribution et son plan de financement », affirme Sylvain Robert, Président de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin (CALL), lors d’une conférence de presse donnée le 16 juin dernier, en compagnie d’Alain Roger, vice-président de la CALL en charge de l’ERBM (Engagement pour le Renouveau du Bassin-Minier) et du renouvellement urbain, et des maires des communes de l’ERBM. Conférence de presse exposant les actions menées par les collectivités et les frais déjà engagés, dans le cadre de l’ERBM.

L’ERBM vise à réhabiliter et rénover les anciennes cités minières. L’opération fait l’objet d’un accord entre les bailleurs sociaux, les collectivités et l’État.

 

Un engagement actif de la CALL et des communes

La CALL est le premier Établissement public de coopération intercommunale (EPCI) concerné par l’ERBM. Sur le territoire communautaire, 29 cités minières, dont 21 situées en Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), sont concernées, soit 5 200 logements, occupés par près de 27 000 habitants.

La CALL a confirmé son engagement rappelant les convergences entre les ambitions du territoire et celles l’ERBM. Ambition traduite par un investissement fort, les élus ont décidé de consacrer un budget de 3 millions d’euros/an sur les 10 ans de l’ERBM, et de cofinancer à hauteur de 50%, le coût des études urbaines pré-opérationnelles tout en guidant les villes dans le pilotage de celles-ci.

 

L’accompagnement de la CALL aux bailleurs pour la rénovation des logements représente 41 M €.

L’agglomération est également concernée en premier lieu par les opérations intégrées à travers ses compétences : eau/assainissement (66,7 M € HT) // gestion des déchets (4,1 M € HT). Dans l’attente des conclusions définitives, les estimations laissent apparaître un montant global à hauteur de 342,5 M € HT pour intervenir sur les espaces publics, au-delà de la rénovation des logements. Les études opérationnelles chiffrent un coût de 15 à 20 M € HT par cité. Au-delà, le volet équipements publics représente près de 17 M € HT pour les 10 premières cités.

 

Au-delà de la rénovation du cadre de vie

L’ERBM ne se limite pas à la question urbaine (rénovation du bâti et des espaces publics) mais doit impérativement « être l’occasion d’un renouvellement en profondeur », levier d’une réduction des inégalités, d’une meilleure cohésion sociale, d’une mixité social renforcée, d’une amélioration des conditions de vie des habitants et d’une remise en attractivité des quartiers. « La rénovation concerne les logements mais aussi les quartiers dans leur globalité », précise le Président Sylvain Robert.

 

Un besoin de lisibilité sur l’engagement de l’Etat et des partenaires

Les opérations dont la mise en œuvre opérationnelle sera engagée sur les années 2021 et 2022 représentent un montant global de 19,5 M € HT. A ce stade, la CALL et les communes concernées attendent de leurs partenaires des réponses quant à leurs capacités à accompagner ces opérations. L’Etat a fait part de possibilités d’accompagnement pour les opérations 2021/22 qui demandent à être précisées et affermies. Les communes, comme la CALL, ne disposent pas des capacités financières leur permettant d’engager la globalité des opérations, telles que définies dans le cadre des études urbaines.

Au-delà des deux premières années, la concrétisation d’une rénovation intégrée des cités minières induit une enveloppe financière conséquente qui impose un tour de table des financeurs et de la lisibilité sur les recettes mobilisables et les règles d’intervention. Depuis 2017, les sommes allouées et règles d’intervention ne sont pas clarifiées. La stabilisation du calendrier opérationnel est cependant indissociable du sujet financier pour lequel des précisions sont souhaitées de la part des partenaires, au premier rang desquels figure l’Etat, à l’initiative du lancement du programme ERBM en 2017. Sans attendre, la CALL et les communes vont poursuivre le travail de priorisations d’opérations et d’identification des investissements des collectivités pouvant être engagés dans l’ERBM.

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