Philippe Lambert – Un tour de France contre la sclérose en plaques

Atteint de sclérose en plaques et à bientôt 54 ans, Philippe Lambert s’est lancé dans une aventure : faire le Tour de France, en vélo, pour sensibiliser à la sclérose en plaques. Atteint de troubles cognitifs et de faiblesse des membres gauches (aucune sensation dans la jambe), il est parti le 2 septembre de Noeux-les-Mines et a terminé son périple le 5 octobre dernier.

 

Q : Philippe, comment s’est passé votre défi sportif ?
Ph. Lambert : Sur la route, j’étais bien même si j’ai eu un petit souci. J’ai eu une pseudo poussée, ce qu’on appelle le phénomène d’Uhthof, dû à la montée de température et à l’effort, ça a duré 30 minutes. Après les montagnes, j’ai eu un gros coup de fatigue. J’ai dû me reposer une journée. Mais dans l’ensemble ça a été. Nous avons parcouru 3230 km tout de même.

Q : Quels étaient vos objectifs avec ce défi ?
Ph. Lambert : J’avais 3 raisons de faire ce tour de France en vélo. La première ambition était de sensibiliser le grand public à la sclérose en plaques, beaucoup ne savent pas ce que c’est. Et puis, pour collecter des fonds pour la recherche et puis pour promouvoir le sport sur ordonnance dans les maladies neurologiques. Je souhaitais prouver aux personnes, atteintes de sclérose en plaques notamment, que le sport est nécessaire, il faut donner de l’espoir aux patients. Le fauteuil roulant n’est pas forcément l’issue de la sclérose en plaques.

Q : Qui vous a accompagné avant le défi et sur les routes de France ?
Ph. Lambert : J’ai fait ma préparation avec CervoSport, spécialisé dans les activités physiques pour personnes porteuses de pathologies neurologiques, et avec M Datas Performance.(cf. deux entreprises intégrées au cluster sport & bien-être de l’Agglo, Vivalley) Son dirigeant ,Mathieu Defontaine, m’a coaché et avec lui, j’ai pu travailler ma posture sur le vélo. Sans ça, je ne sais pas si j’aurais réussi ce défi. Puis, sur la route, j’avais toujours au moins une personne qui roulait avec moi. Il y avait aussi une voiture-balai qui me suivait avec le matériel de premier secours et du matériel pour les vélos. J’étais aussi en liaison constante avec mon neurologue pour intervenir rapidement au cas où. L’accompagnement sur la route était nécessaire puisque j’ai des problèmes d’attention et de mémoire.

Q : Vous avez rencontré des patients, des habitants des villes par lesquelles vous êtes passé ?
Ph. Lambert : Oui bien sûr. On a rencontré des gens dans les hôpitaux, dans les centres de rééducation. J’ai pu échanger avec des associations locales, qui m’ont d’ailleurs soutenu pour la suite de l’aventure. J’ai d’ailleurs reçu quelques messages de soutien ou de témoignages. Comme ce matin, une personne atteinte de sclérose en plaques me faisait part, qu’à la suite de notre rencontre, que le sport avait repris une place dans sa vie et qu’elle en avait besoin. C’est un réel plaisir de voir ça.

Q : Et maintenant, qu’allez-vous faire ?
Ph. Lambert : Je vais me reposer. On va gérer notre association qui lutte contre la sclérose en plaques. Nous avons des projets de journées du handicap, de sorties vélo, de trail sur les terrils, par exemple. Puis pourquoi pas repartir un jour dans un défi. Quand ? En 2021, si je vais bien. Toujours sur le vélo pour partir à la rencontre de la France que je n’ai pas encore rencontré cette année.

 

 

 

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