Des nouvelles du CLEA 2019-2020 sur le territoire

Le Contrat Local d’Éducation Artistique (C.L.E.A) a pour ambition de sensibiliser, faire découvrir et appréhender la création contemporaine au plus grand nombre à travers une approche concrète de l’art. Tourné principalement vers le jeune public, il vise à développer l’esprit critique des jeunes par le biais de rencontres et d’expérimentations avec les artistes.

Pour cette édition du Contrat Local d’Éducation Artistique, la résidence-mission avait lieu du 13 janvier au 20 mai 2020. Fortement perturbés par la période de crise sanitaire que le pays traverse, certains artistes ont tout de même pu avancer sur les projets avec les jeunes participants, les conditions de travail et l’avancement du projet post-confinement le permettant.

 Au fil de l’eau 

 

Cette vidéo est réalisée dans le cadre de la résidence-mission CLEA 2019/2020. 5 communes ont souhaité questionner leur rapport aux loisirs en s’appuyant sur leur patrimoine naturel. Étangs, canaux, parcs et terrils sont autant de témoignages de la richesse de ces espaces aujourd’hui aménagés pour le transport, la détente ou le sport.

Fruit de la démarche artistique de 3 artistes, le projet devait se poursuivre par des interventions chorégraphiques, des prises sonores, des ateliers photos avec les publics d’Annay-sous-Lens, Estevelles, Harnes, Pont-à-Vendin et Vendin-le-Vieil.

Réalisation : Schéhérazade Zambrano (Cie La Malagua), Jean-François Cavro, Pablo Albandea (cie Hej Hej Tak), février 2020 

 

 Réflexion sur l’égalité fille-garçon 

 « Réflexion sur l’égalité fille-garçon » par une classe de 5ème du collège Pascal de Mazingarbe, le photographe Maxime Brygo et la Cie de théâtre-danse Hej Hej Tak.

 Comment de jeunes adolescents vivent et perçoivent aujourd’hui la question du genre ? Guidés par les artistes, les élèves ont observé la cour du collège, les interactions entre filles, garçons, et entre filles et garçons. Un atelier « portrait photo » en duo mixte les a interrogés : comment ai-je envie qu’on me voit, qu’on me perçoive, qu’on me représente ?

Après ces réflexions, les collégiens ont constitué une cartographie genrée imaginaire pour définir des espaces occupés par les filles et les garçons. Ce travail a été mené en non-mixité. Il en résulte une carte imaginée par les filles et une autre par les garçons. Ce projet devait se poursuivre par la création de saynètes pour un roman-photo avec des ateliers de gestuelle corporelles et théâtrales autour des postures genrées telles qu’on les imaginerait et pourrait les réinventer. Avec la crise sanitaire, il aurait pu s’arrêter mais le lien a continué entre les artistes, les enseignants et les élèves. L’atelier d’écriture proposé par la cie Hej Hej Tak révèle les craintes, les aspirations de chacun pendant et après le confinement.

Extrait du texte de Laurine, élève de 5è : « Je viens de voir un faisan qui passait dans les champs/Je vais faire du sport pour avoir un beau corps/J’espère revoir mes amies préférées avant les vacances d’été ».

Madame Devemy, documentaliste et référente culture au collège Pascal de Mazingarbe

« Les élèves, je le pense, se sont sentis valorisés et grandis en tant que citoyen et personne par la démarche atypique et bienveillante des artistes du Cléa, dans leur rapport à soi, aux autres et à l’autre sexe. »

 

 La vie dans mon quartier  

Projet mené par le collège Henri Wallon, l’école maternelle Ginette Neveu, les résidents du Foyer Hotte, l’Espace culturel La Gare de Méricourt, le Pays d’art et d’histoire de la CALL et l’artiste Maxime Brygo.

Des quartiers en construction, d’autres en rénovation, les habitants de Méricourt souhaitaient réfléchir à l’identité de leur commune et se réapproprier leurs quartiers. C’est un véritable projet intergénérationnel qui a vu le jour pendant cette résidence CLEA avec l’artiste Maxime Brygo. Les élèves de Grande section de l’école maternelle Ginette Neveu dans le quartier du Maroc ont photographié les endroits qu’ils aiment, qu’ils trouvent simplement « beaux ».

Une classe de 4ème du collège Henri Wallon a collecté des photos actuelles ou issues d’album de famille et écrit un récit fictionnel. Les résidents du foyer Henri Hotte et les habitants des cités du Maroc, de la Croisette, des Cheminots ou de l’éco-quartier de la Gare à Méricourt, avec l’appui de l’Espace culturel La Gare et du Pays d’art et d’histoire de la Communauté d’Agglomération de Lens-Liévin se sont plongés dans la collecte de photos pour partager quelques images plus ou moins récentes de Méricourt.

Ce projet devait se poursuivre par une exposition à l’espace culturel La Gare et une balade photographique avec l’artiste Maxime Brygo accompagnée d’une médiatrice du Pays d’art et d’histoire de la CALL.

Le projet se poursuit en version numérique. Vous pouvez y participer : https://padlet.com/peggygarbe/w27pxfyw4wd5 MdP : HWallonHotte

 

 Imaginaires du travail 

« Imaginaires du travail » avec et par les jeunes d’Avion, Lens, Liévin et Grenay, les artistes Maxime Brygo, photographe et Alejandro Russo, danseur chorégraphe (cie La Malagua)

Jouer les poses, les postures de son futur métier, les décortiquer pour les décrire au mieux. C’est ce qu’ont fait les élèves de 2nde carrosserie du lycée pro Robespierre de Lens et ceux de 2nde chaudronnerie industrielle du lycée pro Henri Darras à Liévin en février et mars dernier.

Avant de composer la chorégraphie des gestes du travail, d’autres séances ont été nécessaires : tirer son portrait en photos, en mots, des photos-collages de ce qui les représente, visionner des films ou photos artistiques sur le sujet. « Je trouvais que c’était important de prendre un temps pour interroger et formuler qui ils sont dans ce moment de bascule entre l’adolescence et le monde du travail » indique Maxime Brygo, photographe. Ainsi, une édition singulière pour chaque jeune de 2nde chaudronnerie regroupe plusieurs gestes artistiques mis en place : mises en scène au sein du lycée et de l’atelier, autoportraits en photos et en mots, objets qui leur ressemblent.

Plus proches du monde du travail, 17 jeunes en service civique à Avion et 7 jeunes âgés de 18 à 25 ans en recherche d’emploi (Garantie jeunes) ont exprimé leurs aspirations et leurs craintes dans ce monde du travail qu’ils connaissent à peine.

Les uns se sont prêtés au jeu des tableaux photographiques de situations qu’ils projettent sur le monde du travail. Les autres ont imaginé un « voyage à Harmonie », une planète où le travail a un autre sens. La composition chorégraphique témoigne de cet imaginaire où l’on bouge, danse, fait la fête en levant les bras, se défoule en bougeant son corps, joue ensemble, court, profite, est heureux, aide, fait des pompes, apprend une nouvelle langue ou voyage.

Des élèves de 2nde chaudronnerie industrielle du lycée Henri Darras de Liévin en plein atelier chorégraphique.

Les artistes ont également touché des collégiens. Les 4ème du collège Wallon de Grenay ont exprimé leur projection idéalisée du travail via la danse. Par leurs gestes, on se rend compte qu’ils admirent les auxiliaires de puériculture, les danseurs, gymnastes, boxeurs, pilotes d’avion, et policiers. Le projet devait se poursuivre par la composition d’une chorégraphie d’un métier imaginaire inventé ensemble, le tout sur une lecture de textes d’auteurs d’Amérique latine qui traite du même sujet.

 Correspondances 

« Correspondances » avec les Ecoles Jean Macé et La Fontaine de Liévin.

Cette année, les écoles Jean Macé et La Fontaine du quartier Calonne de Liévin se regroupe en un seul bâtiment. Les travaux d’aménagement, les déménagements de classes sont une réalité. Pour accompagner cette mutation, la ville de Liévin a décidé d’inviter les artistes du Cléa pour accompagner ce changement et permettre aux élèves et aux enseignants de tisser du lien.

Quoi de mieux qu’une correspondance écrite, visuelle et sonore entre les 2 écoles pour faire connaissance, parler des changements vécus, des craintes ou des aspirations au sein de l’école ?

Avec la compagnie de théâtre Hej Hej Tak, 2 classes de CE1 de l’école Macé ont photographié leur école en travaux, réalisé un travail d’écriture pour créer des cartes postales et les envoyer à 2 classes de CE2 de l’école La Fontaine. Le compositeur sonore Jean François Cavro a présenté son matériel technique aux classes de CE2 et a enregistré chaque élève dans un portrait sonore. Les enseignants poursuivront cette réflexion tout au long des travaux.

Photographies prises par les élèves de CE1 de la classe d’Aurélie Dudka le lundi 2 mars 2020 dans l’enceinte de l’école Jean Macé.

 

 

 

 Habiter, c’est rencontrer et inventer 

« Habiter, c’est rencontrer et inventer » avec le lycée La Peupleraie, le collège Langevin Méricourt, l’association Dans la boîte et Maxime Brygo, février 2020.

Où je vis ? Une ville, un monument est-il juste la mémoire du passé ? Un lieu est aussi un espace de vie.  Comment me raconte-t-il en tant qu’individu ou groupe ? Découvrir son environnement, développer un regard critique sur sa ville en constante évolution, penser à l’avenir. 2 classes de 1ère et terminale logistique du lycée professionnel La Peupleraie et 1 classe de 5ème du collège Langevin de Sallaumines ont rencontré les artistes photographes de l’association Dans la boîte et Maxime Brygo à travers un parcours artistique dans la ville de Sallaumines. Observer et comprendre l’art photographique, puis expérimenter la prise de vue avec le cyanotype, le minuteros, le sténopé ou l’appareil photo numérique. Les élèves ont pu interroger l’association AMJP3 et une médiatrice du Pays d’art et d’histoire de la CALL pour comprendre les enjeux d’un jardin partagé dans la cité du 3/15. Le projet a dû s’interrompre à la mi-mars à cause de la crise sanitaire.

 

Minuteros avec les élèves de Terminale logistique lycée La Peupleraie Sallaumines-association Dans la boîte

Sourd ou malentendant ?