Eglantine Dewitte – Le numérique comme une opportunité pour accompagner la transition

Dans le cadre de la 5ème édition de Numérique en Commun[s], organisée au Stade Bollaert-Delelis, les 28 et 29 septembre, plusieurs partenaires de la CALL et acteurs locaux dressent un état des lieux du numérique sur nos territoires et évoquent les grands défis à venir.

Rencontre avec Eglantine Dewitte, directrice générale « Les Assembleurs« .

Qui sont Les Assembleurs ?

Les Assembleurs ont été sélectionnés en 2019, dans le cadre d’un appel à projets Hubs France Connectée afin de dynamiser les politiques publiques en matière d’inclusion numérique. La réponse était co-portée par la Région Hauts-de-France, le SIILAB (Laboratoire pour l’Innovation et l’Investissement Social) et le groupe POP. L’un des projets phares était et reste notamment le dispositif des Pass numériques, pour lutter contre « l’illectronisme » avec des ateliers d’initiation et de perfectionnement. Nous sommes aujourd’hui une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC), pour élargir toujours plus les partenariats, notamment avec les collectivités publiques.

Quels sont les enjeux du numérique et les perspectives aujourd’hui, selon vous ?

Avec l’avènement du digital, beaucoup d’acteurs et d’initiatives se sont constitués, sans forcément être tous en synergie. Les Assembleurs sont justement là pour orchestrer toutes ces énergies, aux côtés des professionnels de l’inclusion numérique : nous animons des réseaux de médiation en région, nous mutualisons des moyens au service de ses actions, nous formons un peu les acteurs de l’inclusion mais nous éditons surtout des documents pédagogiques, permettant de diffuser plus largement le savoir et de le faire évoluer.
L’objectif final de notre action est de renforcer l’offre d’accompagnement de tous les habitants et de tous les acteurs du territoire, à travers la sensibilisation, formation, collaboration, création – à travers un réseau de tiers-lieux numériques, de nouveaux lieux de médiation qui ancrent le numérique dans les quartiers, dans les villages, dans les communautés d’acteurs. Et en font un levier de développement culturel, social et économique

Que pensez-vous de la dynamique engagée sur le territoire Lens-Liévin ?

La CALL a justement une approche très intéressante, très innovante même, qui implique que Les Assembleurs ont autant à se nourrir des actions mises en place par la CALL que la CALL a à en apprendre de nous. Le territoire, de par ses capacités de résilience liée à son histoire, a très tôt adopté une approche transversale, en prenant en compte l’inclusion numérique dans tous ses projets. La maîtrise des outils numériques y est non seulement vue comme un accès élémentaire aux droits du citoyen mais elle n’est pas d’emblée appréhendée comme un objet de contrainte.
La Communauté d’agglomération de Lens-Liévin considère le numérique comme une opportunité pour accompagner et favoriser sa transition. Par exemple, la CALL fait en sorte que les habitants puissent non seulement accéder mais également d’emblée s’acculturer aux bonnes pratiques, en expliquant l’univers des GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) mais également en proposant en face des initiatives locales plus vertueuses, plus durables, plus responsables. L’empreinte carbone du numérique est une chose mais l’usage qu’on en fait a également toute son importance. Le circuit court existe aussi dans le domaine du numérique.

Comment allier développement des usages et sobriété numérique ?

C’est là qu’intervient le sujet de la médiation numérique. Nous sommes d’abord face à une urgence sociale à traiter, quand il arrive par exemple que des bénéficiaires perdent des droits car ils n’arrivent pas à effectuer leurs démarches en ligne. Mais nous souhaitons aller beaucoup plus loin et beaucoup plus vite, sur la question de l’éducation aux médias, notamment pour apprendre aux enfants les bonnes pratiques et aussi pour rassurer les parents. Le souci, ce n’est pas l’outil numérique mais bien la manière de l’utiliser. Et cela demande une éducation. Le danger du digital peut amener, par exemple, la tentation d’un repli sur soi : il faut donc engager le débat et créer le dialogue. Les outils numériques permettent pourtant une certaine e-démocratie, en proposant des outils de consultation, d’association et aussi certains déplorent que cet environnement numérique crée le repli sur soi. La solution numérique ne doit pas remplacer le contact humain.
La particularité de l’inclusion numérique, c’est qu’elle ne relève pas plus d’un échelon territorial qu’un autre. Elle est multiple et multiforme. L’enjeu de la coordination entre acteurs, qui est notre cheval de bataille, est donc essentielle. Les acteurs doivent se parler et j’ai l’intime conviction que le dialogue doit d’abord se nouer à l’échelle de l’ultra-local. Pour qu’ensuite, les politiques départementales, régionales, nationales puissent prendre le relais.

 

Retrouvez l’interview complète dans notre revue « le numérique en commun »

 

 

 

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